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CGT Insertion sociale de Brest : Lettre ouvert à Madame Taubira

dimanche 12 octobre 2014, par Administrator

Madame Christiane Taubira
Garde des sceaux
Ministre de la justice

Madame la Ministre,

Voici 40 ans que l’association Emergence fait partie du paysage brestois, 40 années de solidarité auprès des sortants de prison afin de faciliter leur réinsertion dans la cité et prévenir la récidive.

Par la pluralité de ses services,

Accès aux Droits des Sortants de Prison,
Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale,
Chantier d’Insertion,
Accueil des Famille de Détenus,
Contrôle Judiciaire Socio-Educatif,
Médiation pénale,
Aide aux victimes
Rappel à la loi
Enquête sociale rapide
Enquête de personnalité auteur
Enquête sociale victime

Cette association offre une palette unique en Bretagne et participe depuis des décennies à favoriser la réinsertion des détenus et à éviter l’incarcération (via les aménagements de peine pour lesquels elle est habilitée, via le CJSE ou la médiation pénale).

Aujourd’hui, Mme Taubira, vous venez de porter une nouvelle loi pénitentiaire avec la contrainte pénale comme mesure phare. Le gouvernement met en avant sa volonté de diminuer le nombre de prisonnier en France (record de 68 859 au 1er avril 2014, chiffre en constante augmentation jusqu’à cette date) afin d’éviter la récidive et les processus destructeurs de la prison.

Pour autant, alors que cette association semble être le genre d’outil qu’il serait nécessaire de développer pour atteindre les objectifs de cette loi, la Direction Départementale de la Cohésion Sociale du Finistère, sous finance l’association au risque de voir l’efficacité de l’outil disparaître tel qu’il existe actuellement.

Voilà 4 ans que le problème a été soulevé à l’organisme de tutelle et bien que celui-ci reconnaisse les besoins, il n’entend pas résoudre le problème.

Nous nous interrogeons sur ce que souhaite le Gouvernement à travers cette réforme pénale ? Est-ce un effet d’annonce destiné à prouver ses valeurs solidaires et sociales ? Sommes-nous face à un double discours ?

40 ans d’expertise dans le domaine de la réinsertion des détenus et l’alternative à l’incarcération et la DDCS qui vient d’effectuer un audit au sein de l’association, dit que "rien ne prouve sa spécificité".

Elle considère que rien ne justifie un financement particulier alors que durant 40 années elle a financé le CHRS de manière spécifique. Les précédents responsables de la DDCS se sont-ils faits flouer par l’association ou les actuels responsables font-ils preuve de cynisme au nom des restrictions budgétaires ?

La question reste entière et les conséquences des décisions actuelles impactent essentiellement sur les usagers des services d’Emergence :

diminution de l’encadrement
impossibilité d’accueillir de nouveaux résidents

A terme, cette situation amènera la destruction d’une association qui a toujours participé à un équilibre avec les partenaires locaux et qui apporte une réponse éducative et sociale adaptée auprès d’un public placé sous-main de justice.

Mme Taubira, pensez-vous que la réforme pénale pourra se mettre en place sans ce type d’association ?

Pour nous, la réforme pénale actuelle ne pourra se faire qu’avec les associations qui soutiennent les Personnes Sous Main de Justice. Des financements pérennes doivent être assurés pour préserver des outils qui font et ont fait leur preuve !

Nous souhaitons pouvoir vous rencontrer rapidement afin d’échanger avec vous sur cette situation.

Veuillez agréer, Madame la Garde des Sceaux, l’expression de notre très haute considération,

Syndicat CGT de l’insertion Sociale de Brest

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