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Brest 21 juin jounée nationale d’action contre la casse des métiers du travail social

jeudi 16 juin 2016, par Administrator

Journée nationale d’action pour la défense des

diplômes d’État du travail social

Depuis plusieurs années, le gouvernement n’a de cesse remettre en cause les professionnels du travail social révisant les diplômes et détruisant progressivement les métiers. La logique est au développement des compétences et de l’employabilité des personnels au service de l’organisation et non plus en réponse aux besoins sociaux, à l’accompagnement des publics.

Le 21 juin se tient une nouvelle réunion de la commission professionnelle consultative du travail social et de l’intervention sociale (CPC) chargée de la création, l’actualisation ou la suppression des diplômes professionnels du code de l’action sociale et des familles. Le travail qui y est initié, vise à la simplification des diplômes par niveau de qualification : troncs communs de compétences et de connaissances, puis spécialisations, modernisation de l’alternance…

À plusieurs reprises, les mandatées CGT à la CPC ont dénoncé la forme : des méthodes contestables (validités des études ou supports permettant la prise de décision), la marche forcée en réponse au cahier des charges gouvernemental qui empêche toute réelle concertation et ne permet pas un travail de réflexion des participants. Les différents métiers disparaîtraient en tant que tel.

Face à la fronde le gouvernement maintiendrait leurs noms mais ils seraient complètement revus et vidés de leur sens.

La première étape est déjà franchie. Pour les niveau 5, c’est déjà fait ! : Aide Médico Psychologique, Auxiliaire de Vie Sociale, Auxiliaire de Vie Scolaire ont fusionné pour donner le Diplôme d’état "Accompagnant Éducatif et Social "

Sont concernés pour les diplômes de niveaux 4, les métiers de Moniteur éducateur et de Technicien de l’Intervention Sociale et Familiale

Pour les diplômes de niveau 3, Éducateur Spécialisé, Assistant de Service Social, Conseiller en économie sociale et familiale, Éducateur Technique Spécialisé et Éducateur de jeunes enfants.

• La question de l’alternance (les stages) est remise en cause dans le but d’éviter au maximum les stages donnant lieu à gratification et lutter contre leur pénurie en jouant sur leur durée et en redéfinissant le concept même de stage. La durée des stages ne sera plus que de 2 mois !

• La révision des diplômes vient entériner l’évolution des activités des professionnels des niveaux III positionnés comme coordinateurs d’équipe ou responsables des projets. Leurs activités s’inscrivent dans la gestion des organisations et non plus en accompagnement des publics.

• Les différents métiers seront construits grâce à l’assemblage de compétences par niveau de qualification, sans tenir compte des identités professionnelles. Seuls les éléments visibles des métiers sont pris en considérations (les activités/ tâches).

• Un des scénarios étudié par la CPC propose la création d’un diplôme bac+ 2 …

• La reconnaissance des diplômes actuels de niveau III au grade de licence se ferait sous conditions d’une nouvelle ré ingénierie et du type de poste occupé….

A la CGT, nous défendons la dimension accompagnement des populations de nos métiers. La réponse aux besoins des publics doit être l’axe à prioriser si réforme il y a et non le renforcement de la technicité des personnels dans un but gestionnaire des organisations. Nous ré-affirmons avec force que le travail social et la réponse aux besoins sociaux, aux populations relèvent du service public. La construction du lien social/de la cohésion sociale ne sont pas monnayables. Dans notre société la protection des plus vulnérables doit être la priorité et la compétence des professionnels dans la fonction d’accompagnement privilégiée.

Plus les personnes sont vulnérables plus la responsabilité des professionnels inscrits dans la relation est grande, c’est bien cette dimension de l’accompagnement qui fonde les métiers du secteur social et non les activités connexes relevant de la gestion des organisations.

Nous soulignons que l’appropriation des compétences se construit grâce à l’immersion sur le terrain et l’apprentissage par les pairs. La durée totale des stages doit être maintenue et l’évaluation des diplômes révisée (de 2002 à 2009) soulignant la montée en compétence des jeunes professionnels en termes de technicité, l’accent doit être porté sur l’accompagnement des publics. Le stage long doit pouvoir s’effectuer en continu sans séquençage, pour contourner la gratification, L’État doit assumer la responsabilité et le financement de ses politiques publiques.

Certaines compétences et/ou contenus sont déjà identiques entre métiers par niveau de qualification (voire de façon verticale) mais elles sont travaillées au regard des identités professionnelles et des métiers. Nous ré-affirmons qu’une identité professionnelle clairement définie participe à la qualité du service rendu aux personnes accompagnées.

Si le cadre de référence retenu est la nomenclature européenne, les diplômes du travail social tels que définis actuellement s’y inscrivent. Il n’y a pas de nécessité d’avoir un diplôme supplémentaire bac +2. Depuis la rentrée 2013, la semestrialisation des niveaux III et leur découpage en 180 ECTS leur attribuent le grade de licence. Nous demandons à ce qu’ils continuent à être positionnés sur l’accompagnement des publics, preuve du réel intérêt du gouvernement concernant les besoins sociaux.

Le CAFERUIS, quant à lui peut être dédié au management et à la gestion des services puisque c’est son objet.

La ré-architecture proposée par la CPC risque d’engendrer des déqualifications massives et un abaissement du coût du travail sans parler de la perte en compétence des futurs professionnels du secteur social !

À l’heure de la complexification des situations en lien avec l’évolution sociétale, le travail social a besoin de professionnel.le.s qualifié.e.s, et non de simples exécutants de prises en charges stéréotypées définies par la rationalisation financière !

Quels travailleurs sociaux aurons- nous au final ? Pour quel travail social ?

Pour toutes ces raisons nous appelons les travailleurs sociaux du Finistère à faire grève le 21 juin 2016.

Nous les appelons à prendre le temps nécessaire pour se rendre nombreux à un rassemblement qui se déroulera entre 12 h et 13 h 30 devant la sous préfecture de Brest un barbecue

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